mercredi 4 décembre 2002, par Gogonne
C’est leur construction que je vais exposer ici. C’est à prendre pour exemple mais non comme la façon de faire d’un pro que je ne suis pas : ce qui a marché chez moi, je ne le garantis chez personne d’autre et je ne revendique aucun savoir faire universel. Le premier bac comme les suivants ne seront pas résinés mais je n’ai rencontré aucun problèmes avec mes mbunas (avec des poissons d’Amérique du Sud par exemple, ce ne serait peut être pas la même chose). Les produits employés n’ont rien d’alimentaires, ce sont des produits de maçonnerie classique.
Voici quand même 2 mesures faites après un an en eau (les seules) pour les quelques uns parmi vous qui m’avaient assurés que le béton non résiné me ferait une eau très dure à un pH presque au dessus de 14 même. Les résultats, en ce qui concerne le pH : 7.8 (fiabilité des tests du commerce ?)et la conductivité : 620 à‚µS (avec un conductivimètre professionnel et régulièrement étalonné) contre 575à‚µS dans mes bacs en bois (donc sans béton).


Lundi 3 juillet Depuis plusieurs mois que ça me travaille, ça y est, je refais ma pièce à poissons. Actuellement, j’ai dans cette pièce le long des murs, 3 bacs de 300 litres, 2 bacs de 400 litres et un de 160, tous encastrés dans un habillage en lambris. Au centre de la pièce se trouve un bac de 350 l sous lequel se loge un 100 litres. Dans un coin, deux bacs de 50 litres et sous la fenêtre, un de 250 litres. En face, à droite de la porte se trouve un 2000 litres en bois.
Détail des bacs :
160 litres : 1 couple de Pelvicachromis taeniatus « Moliwe »
400 litres : des « haplos » du Malawi (Lethrinops « green nose », Cyrtocara moori, Aulonocara jacobfreibergi, jeunes Nimbochromis fuscotaeniatus et Protomelas spilonotus « Tanzania »)
400 litres : des sud-américains (Heros notatus, Geophagus surinamensis et un Hypselecara temporalis).
300 litres :des centre-américains (Thorichthys ellioti, Archocentrus sajica, Herotilapia multispinosa et depuis peu de tous jeunes « Herichthys » bocourti).
300 litres : des « haplos » du Malawi (Protomelas taeniolatus « Namalenje », Sciaenochromis fryeri, Cyrtocara Moori, Nimbochromis fuscotaeniatus, Protomelas ornatus) tous sub-adultes issus de repro ou d’achats en bourses.
300 litres : des « haplos » du Malawi (même chose, on n’est jamais trop prudents).
350 litres : des mbunas (Pseudotropheus « Daktari blue gold », PS. « Msobo Magunga », Cynotilapia afra « Cobué »
100 litres : des jeunes Hypsophrys nicaraguensis (reproductions personnelles).
250 litres : des alevins de mbunas (reproductions personnelles et achats récents).
2000 litres : des centre-américains (Vieja regani, V. fenestrata, V. synspilla « Cichlasoma » festae, H. nicaraguensis) tous sub-adultes.
Ca fait un peu beaucoup mais j’en ai marre de tous ces « petits » bacs (pas du 2000 l !) et j’ai décidé de les remplacer par 2 bacs en béton. Ce sera un bac pour loger mes « haplos » du Malawi, environ 1500 litres et un autre d’environ 2500 litres pour des centre-américains (dont les bocourti). Il y aura donc à terme (si tout va bien !) 3 bacs dans cette pièce pour environ 6000 litres)
Il faut donc se mettre au boulot. Et avec un copain, on commence à déplacer les bacs un par un pour les remonter par terre dans la salle à manger pièce située à côté. Les populations des bacs sont conservées ainsi que les éléments du décor sauf pour les mbunas pour qui j’ai préféré refaire un décor avec des briques plâtrières plus faciles à démonter plus tard. Cela nous prend la journée mais tout se passe bien.
Mardi 4 juillet Il y a des bacs un peu partout dans la pièce principale de la maison et ma femme est ravie (surtout à cause du sable par terre mais ce matin, on ne patauge plus !). Après un rapide coup d’oeil afin de vérifier que tout va bien, je dois terrminer de remplir les bacs transférés hier. Ensuite, un rapide rangement (par le vide !) et j’attaque le démontage de la structure en bois et béton cellulaire qui portaient les bacs. La maison paraît plus propre mais dehors, c’est une autre histoire, ça s’entasse ! La suite de la journée se passe tranquillement en retapant les murs qui ont un peu soufferts, surtout avant qu’il n’y ai la VMC( ventillation). Programme des prochains jours : peinture des murs, déplacement d’un radiateur (par un plombier) et achat des matériaux. Samedi 15 juillet Ca y est, on attaque. J’ai tout démonté, retapé les murs, le plombier a trouvé une demi-heure pour me déplacer mon radiateur gênant et le matériel est livré.
8h, le maçon arrive. Il va plus vite que moi l’année dernière pour faire la même chose tout seul (et c’est mieux fait !) : midi, les murs de support sont finis. Ces murets sont en parpaings de 20 cm et sont montés sur 4 rangs (85 cm de haut). Ils viennent à ras des ouvertures de la pièce (une porte et une fenêtre), c’est ce qui a déterminé leur largueur et donc la profondeur des aquariums. Ils font donc 1,50 m et 1 m. Ils sont espacés de 70 à 90 cm.

Malgré tout son savoir faire, le maçon n’a pu rattraper l’irrégularité du sol mais çela s’arrangera en coulant la dalle. Comme les murs sont en « pattes d’éléphant », dimanche soir, je remplirai l’espace entre les murets des extrémités et les murs.
Lundi 17 juillet Programme des 2 jours à venir : réaliser un coffrage pour pouvoir couler la dalle. Il sera réalisé avec des plaques de plancher en aggloméré de 19 mm d’épaisseur. Les plaques sont coupées aux dimensions voulues de façon à ce qu’elles reposent sur les bords des murets de 3 cm (il reste donc approximativement 14 cm entre les plaques de bois). Bien sûr, une fois la dalle coulée, ces plaques resteront en place. Pour soutenir le tout, j’ai empilé des parpaings par-dessous et calé avec des morceaux de bois de différentes épaisseurs. Cela ne doit pas soulever le coffrage en lui-même mais plutôt l’effleurer quitte à être légèrement en dessous sans le toucher (qques millimètres). Sous le poids du béton, ça touchera bien !

Sur le devant, j’ai remplacé les plaques d’agglo par des vraies planches en bois d’arbre (épaisseur 27 mm) pour pouvoir visser solidement des planches perpendiculairement (27 mm aussi) qui détermineront l’épaisseur de la dalle. A mettre de niveau bien sûr et dès à présent, il y aura quelque chose d’horizontal dans cette pièce ! Enfin presque !
Ensuite, j’ai vissé par en dessous des traverses pour que toutes les planches soient solidaires. Les parpaings supérieurs des murets ont étés percés par le haut pour recevoir des ferrailles et être bourrés de béton. (pas encore fait sur les photos). Ca semble solide, il n’y a plus qu’à remplir de béton. La dalle fera entre 13 et 15 cm d’épaisseur selon les endroits par-dessus les plaques d’agglo et 19 mm de plus directement sur les murets en parpaings. Mercredi 19 juillet L’année dernière, pour faire mon premier bac en béton, j’avais réalisé la dalle (2 m par 1,60 m sur 10 cm d’épaisseur) à la main avec un copain ! Cette année, (4 m par 1, 50 m et 3 m par 1 m, sur 15 cm d’épaisseur), j’ai fait appel à un maçon et surtout à sa bétonneuse ! En effet, c’est mieux et 3 heures ont suffit (à 4 quand même).
Quelques jours après... J’ai perdu le fichier ainsi que les photos donc de mémoire :)
J’ai laissé sécher la dalle une quinzaine de jours, décoffrage et pose des parpaings de 15 sur 4 rangs. Toujours avec le maçon (et sa bétonneuse magique), donc vite fait bien fait. Il y aura 2 bacs, séparés par des parpaings qui rejoignent l’angle de la pièce à l’angle formé par les 2 façades, un de 1500 l environ (2,50 m en façade et 3,60 m au fond sur 65 de large) et un autre de 3500 l environ (3,20 en façade et 4 m au fond pour 1,30 de large). Dans les angles assez étroits à l’arrière, nous avons fait un petit coffrage pour que ce soit plus facile quand il faudra enduire les murs. Le fait que les 2 bacs soient dans un angle implique que tout le bac ne sera pas visible en façade (surtout le plus petit) mais je m’en accommoderai bien et les poissons aussi, ils auront un coin vraiment tranquille.
PS : Pour les photos, vous vous en passerez, de toute façon, ce n’était que des murets de parpaings, rien d’extraordinnaire donc.
Samedi 2 septembre Rupture de stock, il a fallut attendre la fin des vacances mais j’ai enfin le verre. C’est tard mais celui là était beaucoup moins cher que les autres qui pouvaient aller jusqu’au double 3000 F au lieu de 1500 F, ça valait le coup de patienter.

Les vitres ont été posées sur 2 petites calles de bois à chaque extrémité et maintenues en place par des pinces en plastique prises sur des planches qui traversent les bacs. Des petits tasseaux ont été rajoutés pour faire que les glaces se trouvent un peu en retrait, de façon à ce que l’enduit intérieur vienne un peu par-dessus des vitres. Dans la foulée, je fais le coffrage extérieur du bas en fixant des planches sur les dalles de plancher qui sont restées après avoir coulé la dalle. C’est la vitre elle même qui sert de coffrage intérieur, comme ça, le béton est forcément parfaitement lisse contre la vitre. Ensuite, de chaque côté, des planches sont fixées pour faire les jambages. Le tout avec des ferrailles qui pénètrent dans les parpaings et dans la dalle. Pour consolider le tout, pour que rien ne s’écarte quand je coulerai le béton, des chevrons sont fixés en large et en travers. Il ne reste plus qu’à prendre rendez-vous avec le maçon pour la suite. A suivre donc !
Mercredi 6 et jeudi 7 septembre Ca y est, en une heure, à 4, la chape a été faite. Une couche de béton avec de l’hydrofuge a recouvert la dalle. Pendant ce temps, tout seul comme un grand, j’ai rempli mes coffrages, la vitre est prise ! Il me reste à passer un coup d’éponge pour nettoyer les quelques éclaboussures et les coulures.


Jeudi matin, j’ai décoffré pendant que le ciment n’était pas encore trop dur. Cela m’a permis de gratter ce qui avait bavé sur la vitre : tournevis, maillet et lame de cutter, mais en douceur bien sûr ! C’est propre mais il y a un problème : la chape hydrofuge est pleine de fissures. Renseignements pris auprès du maçon, elle a été faite trop fine et malgré le fait que nous ayons bien mouillé la dalle avant de faire la chape, le béton a séché trop rapidement. Jeudi soir, décoffrage complet : RAS pour le reste.
Suite du programme : coffrage pour le linteau et le chaînage Et refaire une chape plus épaisse. Heureusement, il reste de la marge avant que la couche d’enduit ne dépasse le bas de la vitre. Il faudra prévoir une épaisseur d’au moins 5 cm et bien mouiller la dalle auparavant. Sans ces précautions, l’enduit tire trop vite, se fend et adieu l’étanchéité.
Samedi 9 septembre Une matinée à été nécessaire pour venir à bout du coffrage pour le linteau et le chaînage. Des planches ceinturent le haut des parpaings, fixées avec des chevillettes et des serre-joints.


Les coffrages des linteaux sont soutenus avec des piliers calés et des chevrons fixés au poutres du plafond. Pour éviter les coulures le long de la vitre lors du coulage, j’ai fait un joint de silicone tout le long. Pour les précédents coffrages, ces coulures n’étaient pas trop gênantes car j’ai pu décoffrer rapidement et gratter avant la prise totale mais ce n’est pas le cas ici. Vu son poids, le linteau devra être parfaitement sec avant de toucher au coffrage
Mercredi 13 septembre En revenant du boulot, j’ai eu la surprise de voir que le maçon était passé, il avait refait une chape. Elle est plus épaisse que la précédente et n’a pas l’air de fissurer (la précédente avait commencé à se fendre seulement une heure après). Pour accéder à l’intérieur du bac, ils ont décoffré le chaînage et les côtés des linteaux. Les planches et les cales qui soutiennent le linteaux par dessous n’ont bien sûr pas encore été retirées, il faudra attendre au moins 15 jours pour que cela soit parfaitement sec et puisse supporter son propre poids.
Samedi 23 et dimanche 24 septembre Derniers coups de truelle pour enduire les parois. Pour cet enduit, j’ai ajouté (en plus de l’hydrofuge bien sûr !) du colorant jaune. Ce colorant est composé d’oxydes de fer, je ne sais pas quelle influence ils peuvent avoir sur les poissons mais j’ai déjà fait un bac avec ce type de colorant et aucun problème ne s’est révélé en un an. Avec du ciment gris, la teinte obtenue est marron vert au départ et devient sable en séchant : ça peut ressembler à une paroi assez naturelle à mon goût.



Pour améliorer encore le résultat (et parce qu’il faut bien que je fasse quelque chose tout seul aussi) je projette de projeter (joli !) du ciment coloré (toujours avec de l’hydrofuge) en rouge par dessus, en essayant de faire quelque chose de moins plat pour le plus grand destiné à accueillir de gros Cichlidés centre-américains et de la même couleur que le reste pour le plus petit destiné lui à accueillir des « haplos » du Malawi. Je l’ai déjà fait dans le bac précédent, on dirait un mur en pouzzolane, et comme c’est un bac de mbunas aménagé avec au moins 500 l de pouzzolane vraies, je suis assez content du résultat.
Ensuite, avant la mise en eau, il ne restera qu’à faire un joint de silicone tout le tour de la vitre pour une étanchéité parfaite.